Le département de la Gironde compte plus de 1,6 million d’habitants (source : INSEE 2021), dont une proportion croissante de seniors. Hors agglomération bordelaise, de nombreuses petites communes comme Valeyrac – 603 habitants selon le dernier recensement – font face à une problématique aiguë : l’isolement social des personnes âgées. Selon l’observatoire national de l’isolement des personnes âgées (Petits Frères des Pauvres, 2023), près de 24 % des plus de 75 ans vivant dans des communes rurales ne participent à aucune activité de groupe.
Une vie sociale restreinte, la raréfaction des transports, l’éloignement des familles et une offre d’activités limitée accentuent cet isolement. Cette réalité touche d’autant plus les résidents d’établissements pour seniors, parfois peu intégrés au tissu local ou entre eux. Pourtant, l’expérience des interconnexions, même ponctuelles, peut transformer le quotidien : créer du lien, stimuler l’autonomie et offrir du sens au vieillissement.
Les événements inter-résidences, tels que rencontres sportives, ateliers artistiques, ou journées thématiques, sont déjà expérimentés dans plusieurs départements. À Lyon, la semaine "Inter-résidences" organisée chaque année par le CCAS implique plus de 400 seniors autour d’activités adaptatives (source : site du CCAS Lyon). L’effet constaté est double : briser la monotonie et faciliter l’émergence de réseaux de solidarité.
La Gironde, elle aussi, s’est illustrée par des projets innovants autour du bien-vieillir : le programme « Gironde ressources » coordonne des ateliers itinérants pour personnes âgées vivant à domicile ou en résidences. Mais les événements inter-résidences, à l’échelle de petites communes comme Valeyrac, relèvent encore du défi : distance, mobilité, faiblesse du maillage associatif.
La région Bretagne a lancé, en 2022, le dispositif "À plusieurs, on est moins seul", coordonné par l’AG2R La Mondiale et France Bénévolat, où 14 petites résidences ont mutualisé des activités grâce à un mini-bus partagé (source : Ouest-France). Le coût annuel, subventionné par les régions et des fonds associatifs, n'a dépassé 4500 € par structure. L'implication des élus locaux a permis d'utiliser des salles communales à moindre coût.
En Gironde, chaque structure doit partir de ses ressources propres, mais plusieurs acteurs locaux peuvent jouer le rôle de facilitateurs :
Concrètement, quels types d’événements créer ?
Pour qu’un événement inter-résidences séniors en Gironde réussisse dans un secteur comme Valeyrac, il faut aller au-delà des enjeux de motivation individuelle. Quelques leviers :
À noter : selon une investigation menée par l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (ODAS), chaque euro investi dans l’animation sociale collective en faveur des seniors active plus de 3 € de retombées économiques locales (bénéfices indirects issus de la restauration, de la logistique, des intervenants). L’effet sur la santé est également documenté : les résidents participant régulièrement à de telles rencontres ont -30 % de risque de dépression par rapport à ceux vivant en “isolement relationnel” (source : étude INSERM, 2021).
Multiplier les événements inter-résidences dans le Médoc pourrait ouvrir d’autres dynamiques :
L’organisation d’événements inter-résidences pour seniors, même dans des villages isolés comme Valeyrac, n’est pas qu’une affaire de logistique : elle est révélatrice d’un choix de société. Les expériences menées dans d’autres régions, les ressources déjà présentes en Gironde et la capacité des acteurs à travailler ensemble montrent que rien n’est impossible – à condition de s’appuyer sur des réseaux solides et de ne pas hésiter à adapter les formats.
Progressivement, la mutualisation des moyens, le tissage de liens intergénérationnels et la valorisation du patrimoine local redessinent une autre carte de l’âge et de la ruralité. La création d’événements inter-résidences rassemble bien plus que des résidents : c’est tout un territoire qui se découvre, se rassemble et prend soin de ses aînés autrement.